Fibres Sustana présentée dans Le journal de Levis : Procédé de récupération unique au Canada chez Fibres Breakey

Fibre Breakey souhaiterait traiter annuellement 15 000 tonnes et plus de contenants multicouches dans un avenir rapproché. CRÉDIT : COURTOISIE

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Alexandre Bellemare 27 juil. 2020 10:42 | L’article original est apparu ici.

Fibres Breakey est une entreprise du secteur Breakeyville à Lévis qui se spécialise dans la récupération de fibres de papier. Depuis avril, la filiale lévisienne de Fibres Sustana a mis au point de nouveaux procédés afin de recycler la fibre des contenants multicouches de lait et de jus recyclables, une première pancanadienne.

L’entreprise qui traite près de 130 000 tonnes de matières recyclables, majoritairement du papier de bureau, des rejets d’imprimerie, des magazines et des circulaires, pourra désormais traiter 3 000 à 4 000 tonnes de contenants multicouches. 

«C’est un projet qu’on avait en tête depuis environ deux ans puisqu’on voulait diversifier notre approvisionnement en fibres de papier. Les contenants multicouches sont très intéressants en matière de qualité de fibres, mais ils sont très difficiles à recycler à cause de la couche de plastique qui couvre et emprisonne la fibre», explique Jean-Sébastien Foisy, vice-président des opérations chez Fibres Breakey.

L’entreprise possédait déjà l’expertise étant donné que la filiale de la compagnie basée au Wisconsin aux États-Unis recycle déjà cette matière depuis une dizaine d’années. «Il nous manquait un peu d’équipement, mais surtout de mettre en place une façon de réaliser le procédé», mentionne M. Foisy.

Afin d’extraire la fibre des contenants multicouches, Fibres Breakey doit retirer le plastique qui emprisonne la fibre, c’est pourquoi peu utilisent cette matière compte tenu de la complexité du procédé. «Comparé au papier de bureau, le carton de lait est une fibre vierge. Il y a un peu moins de rejet associé à ça excepté le plastique qui la recouvre, donc c’est une fibre de très grande qualité», expose Jean-Sébastien Foisy.

Il y a déjà deux ans que la filiale lévisienne envisageait mettre en place ce procédé, même qu’elle avait fait ses premiers essais l’année dernière. C’est en raison de la pandémie de la COVID-19 que tout s’est accéléré. «Avec les fermetures (écoles, bureaux, etc.), on a compris que notre approvisionnement serait touché en partie. Comme on connaissait le marché du carton de lait depuis quelques années, on savait qu’il y en avait de disponible dans l’est du Québec et du Canada», partage le vice-président des opérations. 

L’entreprise s’est alors munie d’une déchiqueteuse pour ce type de matière et a mis en place le procédé. Jean-Sébastien Foisy souligne que les investissements requis n’étaient pas élevés, mais que si l’usine souhaite augmenter sa production dans le futur, les sommes injectées dans le projet devront être plus considérables.

Des matières locales le plus possible

Depuis avril, l’approvisionnement en contenants multicouches chez Fibres Breakey provient du Québec, de l’Ontario et de l’est du Canada. Par contre, l’entreprise souhaite ratisser le plus près possible de l’usine, mais comme le procédé est nouveau au Canada, il faut que les entreprises de triage s’adaptent. «Ça ne se fait nulle part ailleurs au Québec et même au Canada. Les États-Unis en font également, mais cette matière-là est surtout exportée», ajoute M. Foisy. 

Déjà, plusieurs ont manifesté leur intérêt afin de fournir Fibres Breakey en contenants multicouches et cette nouvelle option a également été très bien accueillie chez Recyc-Québec. «On voit qu’il y a aussi un engouement pas seulement provincial, mais canadien et on n’a pas encore tâté les États-Unis. La réponse des entreprises de la province est bonne, elles veulent nous fournir de plus en plus», assure le vice-président aux opérations.

Pour l’entreprise de Breakeyville, ce projet n’en est qu’à ses balbutiements puisqu’on souhaite qu’il prenne de l’ampleur dans les années à venir. En effet, M. Foisy espère pouvoir traiter au moins 15 000 tonnes de contenants multicouches d’ici quelques années. 

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