Le papier recyclé au service des marques

Lorsque le papier recyclé est d’abord entré dans l’usage, il était principalement confiné à la fabrication de carton, d’essuie-tout et d’autres produits pouvant tolérer une certaine rugosité. Or, cette époque est maintenant révolue. Aujourd’hui, les déchets papier peuvent être revalorisés en produits tout aussi propres et éclatants que leurs homologues vierges. Cette avancée crée de nouvelles opportunités pour les marques soucieuses de durabilité, même dans le secteur jadis problématique des emballages alimentaires en contact direct avec la nourriture et les boissons.

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Lorsque le papier recyclé est d’abord entré dans l’usage, il était principalement confiné à la fabrication de carton, d’essuie-tout et d’autres produits pouvant tolérer une certaine rugosité. Or, cette époque est maintenant révolue. Aujourd’hui, les déchets papier peuvent être revalorisés en produits tout aussi propres et éclatants que leurs homologues vierges. Cette avancée crée de nouvelles opportunités pour les marques soucieuses de durabilité, même dans le secteur jadis problématique des emballages alimentaires en contact direct avec la nourriture et les boissons.

La prochaine grande étape pour le papier recyclé

Les produits d’emballage et de livraison, les serviettes de table, les essuie-tout, la papeterie, le papier kraft, le papier journal, les livres, les magazines, les papiers de bureau et même la litière pour chat font partie des nombreux produits qui sont aujourd’hui faits de fibres recyclées, en totalité ou en partie.

Les emballages alimentaires sont en voie de devenir une autre importante avenue de croissance pour les recycleurs, à mesure que les consommateurs s’habituent à l’innocuité du papier recyclé. Toutefois, jusqu’à tout récemment, la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis n’autorisait que les emballages de papier recyclé doublés d’un revêtement de polyéthylène ou d’une autre barrière similaire. La préoccupation principale derrière cette décision était le risque de contamination des aliments et des boissons par les encres et les autres produits chimiques utilisés dans les processus de fabrication et de recyclage.

Au cours des dernières années, cette restriction représentait un casse-tête pour les marques qui cherchaient à simplifier leurs emballages, à éliminer les plastiques dérivés du pétrole et à s’approvisionner en matières recyclées à 100 pour cent.

En 2018, l’industrie du recyclage a finalement atteint un jalon révolutionnaire lorsque la FDA a approuvé les fibres recyclées brevetées EnviroLife® de Fibres Sustana pour les emballages en contact direct avec les aliments et les boissons. Parmi les nombreuses utilisations de ses fibres EnviroLife®, Fibres Sustana nomme les contenants pour repas à emporter, y compris les gobelets pour boissons chaudes et les bols de soupe, de même que les boîtes à pizza, les sacs de pain et de café, les emballages de viande et de fromage, et les contenants double coque.

Emily Olson, directrice et ambassadrice de la durabilité de Sustana, qualifie EnviroLife® de « produit phare » de l’entreprise.

« Les consommateurs comme les marques cherchent actuellement à rompre avec l’économie linéaire du produire-consommer-jeter, et à adopter une approche plus circulaire », a-t-elle expliqué à l’équipe de TriplePundit. « Les fibres EnviroLife® recyclées à 100 pour cent sont conformes aux normes de la FDA pour un contact direct avec la nourriture. Nous pouvons désormais faire équipe avec de grandes sociétés internationales pour inclure notre contenu recyclé à des gobelets de café ou à des emballages de sandwich destinés à l’industrie de la restauration rapide. »

Mme Olson croit fermement que les consommateurs sont prêts à accepter l’utilisation de contenus recyclés dans les emballages en contact direct avec la nourriture. Après tout, les fibres recyclées sont déjà communément utilisées dans les boîtes de céréales et d’autres emballages sans contact. Grâce à l’homologation de la FDA, leur utilisation en contact direct avec les aliments représente la prochaine étape logique.

Un grand pas pour l’économie circulaire

Thomas Fu, vice-président de l’innovation de la société d’emballage Sabert Corp., souligne également l’importance de l’homologation des fibres EnviroLife® par la FDA.

Selon M. Fu, si l’utilisation d’encres à base de soya et d’autres substances écologiques dans les emballages alimentaires a changé la donne, le recours aux fibres EnviroLife® représente une amélioration encore plus notable pour les marques qui cherchent à s’extirper de la chaîne d’approvisionnement du plastique. L’offre d’emballages recyclés pour contact direct avec la nourriture coïncide également avec l’entrée en vigueur de nouvelles politiques gouvernementales visant à réduire les déchets plastiques, notamment la directive de l’Union européenne sur le plastique à usage unique.

« Le rythme de l’innovation s’est accéléré, tout particulièrement depuis les trois dernières années », estime M. Fu. « Nous observons des avancées considérables dans le secteur de l’emballage durable, notamment en ce qui a trait aux matières premières, à la conception, et à leur adoption sur le marché à différentes étapes de la chaîne d’approvisionnement. »

Les attentes désormais familières des consommateurs soucieux de durabilité ont également joué un rôle important dans cette transition. « De plus en plus de marques s’engagent publiquement à utiliser des emballages durables faits de papier recyclé, renchérit M. Fu. Leurs objectifs ambitieux en matière de durabilité font écho aux attentes des consommateurs et plus particulièrement des membres de la jeune génération, qui sont assurément à la tête du mouvement. »


La science pour rompre avec le gaspillage

Les cinéphiles ont eu droit à un aperçu – certes hollywoodien – de l’économie circulaire zéro déchet du futur à l’écoute de Seul sur Mars, film de 2015 dans lequel un astronaute incarné par Matt Damon survit dans l’environnement impitoyable de Mars en ayant recours à l’énergie solaire, à l’agriculture biologique et à des technologies de pointe.

Fibres Sustana fait profiter l’industrie de l’emballage d’une triade similaire en proposant des solutions innovantes qui profitent aux entreprises, à l’environnement et à la société dans son ensemble. Son usine de production de fibres utilise un procédé de traitement sans chlore qui sépare la barrière contre l’humidité des cartons et d’autres emballages pour les transformer en de nouveaux produits, notamment du papier hygiénique, des mouchoirs et des essuie-tout. L’entreprise récupère également les sous-produits du recyclage pour fabriquer de la litière pour animaux et d’autres produits.

En misant ainsi sur l’innovation continue, Fibres Sustana procure aux marques un avantage concurrentiel proactif en les aidant à mousser l’intérêt des consommateurs envers l’économie circulaire.

« Nous sommes très conscients des attentes des consommateurs et des utilisateurs finaux. Nous savons que nous disposons d’une occasion unique de faire équipe avec les marques pour atteindre les objectifs de durabilité de toutes les parties », explique Mme Olson. Elle souligne au passage des recherches récentes indiquant que, depuis les trois dernières années, les consommateurs se montrent de plus en plus satisfaits des produits durables offerts sur le marché.

« Bien davantage de produits sont mis en marché aujourd’hui pour aider les consommateurs à faire des choix différents qu’il y a tout juste cinq ans », conclut-elle.

La préférence sans cesse croissante des consommateurs envers les produits écologiques est devenue un moteur d’action puissant tant pour les politiques publiques que pour le secteur privé. Mais à mesure que le créneau du papier recyclé devient de plus en plus bondé, les marques qui tirent profit des nouvelles technologies de recyclage seront mieux positionnées pour tirer leur épingle du jeu.

Cet article a été publié à l’origine en anglais sur le site de Triple Pundit